
Dernière mise à jour : 29/09/2026
Les cyberattaques en augmentation
Une entreprise soumise à une attaque informatique, c’est une entreprise en danger. C’est ce que confirme le rapport Hiscox 2024 sur la gestion des cyber-risques. En effet, 67 % des entreprises déclarent avoir subi au moins une cyberattaque au cours de l’année, un chiffre en forte progression ces dernières années.
Cette tendance confirme une réalité désormais bien installée : les cyberattaques ne sont plus exceptionnelles, mais fréquentes, avec des impacts directs sur l’activité, les finances et la réputation des entreprises.
Ainsi, la cybersécurité ne consiste plus seulement à protéger son entreprise des virus et des attaques, en utilisant un anti-virus et un anti-spam. La sécurité informatique de l’entreprise est désormais capable d’affecter le devenir de l’entreprise, de lui nuire sur le plan de l’image, mais aussi tout simplement, sur le plan légal et économique.
Ainsi, une question se pose : la cybersécurité à elle seule suffit-elle à garantir la continuité d’activité ? La réponse est non. La sécurité permet de réduire les risques et de limiter les conséquences d’une attaque, mais elle ne peut pas empêcher tous les incidents.
Cette question est d’autant plus importante que les cyberattaques sont devenues fréquentes et que les systèmes d’information sont de plus en plus complexes : cloud, solutions SaaS, télétravail et multiples interconnexions.
L’entreprise doit donc également prévoir les moyens de maintenir ou de rétablir ses activités lorsqu’un incident survient.
La cyber-résilience sur le devant de la scène
C’est peut-être la raison pour laquelle, depuis quelques mois, le terme de “cyber-résilience” a envahi nos médias. C’est encore plus flagrant depuis les changements de paradigmes qui ont eu lieu, d’une part, avec la crise sanitaire et le déploiement du télétravail, mais aussi, avec l’augmentation des conflits et des piratages informatiques liés au contexte géopolitique.
La cyber-résilience n’est aujourd’hui plus perçue comme un concept émergent, mais comme un enjeu stratégique, porté au niveau de la direction des entreprises et renforcé par de nouvelles exigences réglementaires (NIS2, DORA).
Pour de nombreuses structures, la cyber-résilience, c’est dire que la sécurité informatique doit être pensée sur un plan plus global, et au-delà de la prévention et de la remédiation, qu’elle doit inclure l’anticipation des problèmes.
Dans cet article, nous allons tâcher de définir ce qu’est la cyber-résilience : la cyber-résilience, est-ce seulement une cyber sécurité améliorée et proactive ? Nous allons également comparer la notion de cyber-résilience avec celle, plus globale, de résilience informatique.
Les enjeux de la cyber-résilience
Autrefois, lorsqu’on parlait d’incident de sécurité informatique, l’objectif était avant tout de réduire les incidents, réduire les risques, avant même que l’entreprise ne soit affectée.
Mais devant la recrudescence des attaques, et bien souvent, l’impossibilité de réduire les risques à 0, que l’on soit une petite ou une grosse structure, la sécurité informatique se conjugue désormais à tous les temps.
Les entreprises doivent désormais intégrer un principe simple : l’incident est inévitable. La question n’est plus de savoir si une attaque aura lieu, mais quand, et avec quelles conséquences.
Il faut donc pouvoir mettre en œuvre des procédures en pensant à “l’après” incident, c’est-à-dire :
- comment réagir en cas d’attaque,
- quelles actions réaliser,
- dans quel ordre,
- comment assurer la continuité de la reprise de son activité, en fonction des priorités de l’entreprise.
L’enjeu dépasse aujourd’hui la seule sécurité informatique : il s’agit de garantir la continuité de l’activité de l’entreprise. C’est précisément là que la notion de cyber-résilience prend tout son sens.
Cyber-résilience : définition et périmètre
La cyber-résilience, telle qu’abordée par une majorité de structures aujourd’hui, c’est justement cette capacité pour une structure d’assurer la continuité ou la reprise de son fonctionnement, même en cas de problème de cybersécurité.
Ainsi, être cyber-résilient signifie que les équipes sont prêtes à faire face à tout type d’incident de sécurité informatique, et que des procédures existent dans l’entreprise pour relancer le service ou la machine impactée par le problème, et ce, quelles que soient les circonstances.
Autrement dit, la cyber-résilience ne vise plus uniquement à empêcher l’attaque, mais à permettre à l’entreprise de continuer à fonctionner malgré celle-ci.
Les principales menaces concernées peuvent inclure :
- ransomware
- malware
- attaques DoS / DDoS
- phishing
- vol de mot de passe
- attaques IoT
De par le caractère imprévisible des incidents, cette cyber-résilience nécessite :
- une capacité d’adaptation
- un sang-froid à toute épreuve
- des procédures permettant de fluidifier les décisions
Elle implique également une capacité à tester régulièrement ses dispositifs (exercices de crise, tests de reprise), afin de mesurer concrètement la capacité de réaction de l’organisation.
De la cyber-résilience à la résilience informatique
La cyber-résilience est donc un volet important de la résilience informatique, et surtout dans le contexte actuel d’augmentation des menaces informatiques au quotidien.
Ce qui est dommage, c’est qu’à force de parler de cyber-résilience, on en oublie que les risques qui menacent la disponibilité d’un système d’information ne sont pas seulement des risques de « sécurité informatique » !
En effet, au-delà des menaces numériques, des piratages et du hacking, il existe encore une multitude de problèmes qui visent le système d’information d’une entreprise, et qui peuvent malgré tout se révéler tout aussi imprévisibles.
On peut citer des éléments tels que :
- les erreurs humaines,
- les pannes de réseaux
- les pannes logicielles
- les pannes matérielles
- les pics d’activité
- les mouvements sociaux
- les catastrophes naturelles
- les catastrophes sanitaires
- les événements géopolitiques
- etc.
La complexification des systèmes (cloud hybride, dépendances fournisseurs, interconnexions) renforce encore cette réalité.
C’est là que la résilience informatique prend une dimension plus globale.
Résilience informatique : définition et périmètre
Pour assurer le fonctionnement de l’entreprise, c’est donc l’ensemble du système d’information qui doit être concerné par cette démarche résiliente et non seulement les aspects de sécurité informatique.
C’est pourquoi on parlera davantage de la notion de résilience informatique, plus globale, et qui vise à assurer la continuité du fonctionnement de son système d’information, même en cas de panne, de pic d’activité, de piratage informatique ou de tout autre incident.
Lors d’une démarche de résilience informatique, on s’assurera :
- de comprendre les enjeux de l’entreprise et la criticité de ses informations et de ses services. Ceci suppose une très bonne connaissance du système d’information, acquise par un audit approfondi du système, mais aussi, par la mise en place d’outils de surveillance du système et de ses caractéristiques en temps réel, et par comparaison avec un usage habituel de ce système dans les mêmes circonstances (saisonnalité, pic d’activité etc.)
- de disposer d’outils de protection du système d’information
- de mesurer la capacité du système à résister aux attaques, par exemple, en réalisant des tests d’intrusions et des audits de sécurité.
- de disposer d’un écosystème de travail, d’outils de communication et de partage d’information à la fois agiles et mobiles, de façon à pouvoir assurer un fonctionnement sécurisé des activités métiers, et ce, même en condition de fonctionnement dégradée, à distance, sans accès à son poste de travail habituel etc.
- de disposer d’outils et de systèmes redondés permettant de prendre la relève en cas de panne de l’un ou de plusieurs des éléments du système,
- de disposer de procédures de continuité et de retour à l’activité incluant les ressources informatiques et Telecom, l’organisation, le personnel, les fournisseurs, jusqu’à la documentation…
La résilience informatique s’inscrit ainsi aujourd’hui dans une logique de gouvernance globale du système d’information. La cyber-résilience et la résilience informatique ne s’opposent pas : elles sont complémentaires.
- Une entreprise peut être bien protégée… sans être réellement résiliente.
- Sécuriser son système d’information ne consiste pas uniquement à empêcher les attaques, mais à garantir sa capacité à continuer à fonctionner, quelles que soient les circonstances.
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