
Dernière mise à jour : 27/10/2026
À l’heure où les systèmes d’information sont au centre de la gestion de nos organisations, l’interruption des services informatiques coûte beaucoup d’argent aux entreprises, et ce, peu importe la cause du sinistre (qu’il soit d’origine malveillante, dû à une erreur humaine, provoqué par une panne matérielle ou la conséquence d’une catastrophe naturelle).
Selon la durée (de quelques heures à plusieurs semaines), l’indisponibilité de tout ou partie des services informatiques entraîne une perte de revenus qui peut mener (dans le pire des cas…) jusqu’à la faillite. Évaluer le coût réel de l’indisponibilité informatique est un exercice difficile. Certains frais directs sont évidents, mais d’autres coûts sont indirects et donc, plus difficiles à identifier.
Dans cet article :
- Nous vous proposons un tour d’horizon des coûts de l’indisponibilité informatique.
- Vous découvrirez également comment calculer ces coûts d’indisponibilité informatique à l’aide d’une formule simple.
- Enfin, nous aborderons des mesures pour anticiper un sinistre informatique afin d’en limiter l’impact financier.
Perte de données et indisponibilité : coûts directs et coûts cachés
En matière d’indisponibilité des systèmes d’information, il est possible d’identifier deux types de coûts principaux :
- coût lié à la perte de données,
- coût lié à l’indisponibilité des données
Ces deux situations ne sont pas nécessairement liées. Par exemple, une panne de serveur ou de réseau peut empêcher l’accès à un service sans entraîner de perte de données. À l’inverse, des données supprimées ou modifiées peuvent devoir être restaurées alors que les applications restent accessibles.
Selon l’étude internationale Observability Forecast 2024 de New Relic, les interruptions informatiques peuvent représenter plusieurs dizaines d’heures de perturbation par an pour les organisations interrogées. Ces interruptions ne sont pas seulement dues aux cyberattaques : elles peuvent aussi être causées par une panne technique ou une erreur humaine.
D’autres coûts, moins évidents, viennent s’ajouter au coût de la perte de données et de l’indisponibilité des systèmes :
- Les frais engendrés par la détection et le diagnostic de l’incident,
- Les mesures de récupération et de restauration des données,
- Les frais indirects substantiels pour l’information des clients et, lorsque la réglementation l’exige, les notifications ou déclarations obligatoires, notamment au titre du RGPD en cas de violation de données personnelles,
- L’impact financier à long terme concernant l’image de marque de l’entreprise (avec le risque de perdre la confiance des clients et de porter un coup au moral des salariés).
Comment calculer le coût de l’indisponibilité de votre système d’information ?
Calcul le coût de l’indisponibilité
Calculer le coût de l’indisponibilité de votre système d’information vous permettra de savoir à quoi vous attendre en cas d’incident et ainsi d’adapter votre stratégie en fonction des coûts supportables ou non pour votre structure.
Pour calculer le coût d’indisponibilité de votre système d’information, vous devez donc ajouter les éléments suivants :
Coût de l’indisponibilité = Perte de CA + Coût de la perte de productivité + Coût de la restauration + Frais indirects + Impact financier sur l’image de marque
Il s’agira bien entendu d’une estimation : certains coûts, notamment ceux liés à l’image de marque, sont difficiles à chiffrer. Il faut également veiller à ne pas comptabiliser deux fois une même perte.
Calcul de la perte de CA
Une interruption de service pouvant durer de quelques heures à plusieurs jours, il convient de calculer l’impact de cette interruption sur votre chiffre d’affaires global.
- Dans un premier temps, estimez le montant de votre chiffre d’affaires horaire, en d’autres termes votre CA réalisé pendant une période donnée, divisé par le nombre d’heures d’activité correspondant. Par exemple, pour une entreprise fonctionnant 35 heures par semaine, vous pouvez diviser le CA hebdomadaire par 35.
Ensuite, pour calculer le montant de la perte de CA, il faut utiliser la formule suivante :
Perte de chiffre d’affaires estimée = CA horaire × Temps d’interruption × Pourcentage d’activité empêchée par l’indisponibilité
- Concrètement, si une entreprise a un chiffre d’affaires de 1000€/heure et qu’elle subit un temps d’interruption de 5h avec 25% de son activité maintenue pendant cette période :
– Elle va subir une perte de CA estimée de 1 000 × 5 × 75 % = 3 750 €.
– Si le service est totalement indisponible, et que toute l’activité dépend de ce service, la perte potentielle s’élève à 5 000 €.
Coût de la perte de productivité
Même si vos employés sont dans l’impossibilité de travailler, totalement ou partiellement, pendant le temps de l’interruption de service, ils ont un salaire fixe qui est à prendre en compte pour évaluer vos pertes.
Pour réaliser le calcul de perte de productivité, il vous faut utiliser le coût horaire de chacun de vos salariés concernés, le multiplier par le pourcentage de productivité perdue, puis par la durée de l’interruption.
La formule est la suivante :
Coût de la perte de productivité = [(Coût horaire de l’employé n°1 × % de productivité perdue) + (Coût horaire de l’employé n°2 × % de productivité perdue) + (etc. autant de fois que vous avez d’employés)] × Durée de l’interruption
Selon leur rôle dans votre entreprise, certains employés seront peut-être à l’arrêt total alors que d’autres pourront travailler presque normalement. C’est pourquoi ce calcul doit être effectué pour chaque salarié ou groupe de salariés présentant une perte de productivité comparable, et que les résultats doivent être ajoutés les uns aux autres afin d’obtenir un montant global pour la perte de productivité de l’entreprise.
Par exemple, si 10 salariés représentant chacun un coût horaire de 30 € ne peuvent plus travailler pendant 3 heures, le coût du temps de travail immobilisé est estimé à 900 € (10 × 30 × 3).
Ce montant représente le coût du temps de travail non productif, et non nécessairement une dépense supplémentaire.
Les coûts de restauration, les frais indirects et l’impact financier à long terme
Enfin, il faudra ajouter à ces calculs :
- les coûts de restauration du système d’information,
- les frais indirects (tels que présentés dans notre premier paragraphe)
- l’impact financier à long terme sur l’image de marque.
Les coûts de restauration peuvent notamment comprendre le remplacement de matériel, l’intervention de prestataires, la récupération des données ou la remise en service des applications. Des pénalités contractuelles ou des frais liés aux retards de livraison peuvent également s’ajouter aux pertes directes.
Indisponibilité des systèmes informatiques : les mesures à mettre en place
Connaître ses coûts en cas d’indisponibilité de système est vital, mais le mieux, c’est encore de se prémunir de ces indisponibilités ou de les réduire.
On distingue deux types de mesures permettant de limiter l’indisponibilité des systèmes informatiques :
- les mesures préventives, pour éviter l’interruption de services,
- les mesures curatives, qui permettent de rétablir le service.
Sauvegarder les données de l’entreprise
Disposer d’une sauvegarde à jour est indispensable pour pouvoir restaurer ses données après un sinistre informatique. Toutefois, une sauvegarde ne suffit pas, à elle seule, à garantir une reprise rapide de l’activité : celle-ci dépend également de la disponibilité des infrastructures et des applications.
La fréquence des sauvegardes — quotidienne, hebdomadaire ou plusieurs fois par jour — doit être définie selon les besoins et les risques de l’entreprise. Il faut notamment tenir compte des menaces qui pèsent sur le système d’information et déterminer la quantité de données que l’entreprise peut accepter de perdre en cas d’incident. Cette durée correspond au RPO.
Une stratégie de sauvegarde efficace ne repose pas uniquement sur sa fréquence. Elle doit aussi préciser le type de sauvegarde utilisé, l’emplacement des copies et les mesures mises en place pour les protéger contre la suppression, la modification ou le chiffrement malveillants. Des tests de restauration doivent enfin être réalisés régulièrement pour vérifier que les données pourront être récupérées en cas de besoin.
Plan de Secours Informatique
Le PSI, Plan de Secours Informatique, cible la reprise des services informatiques de l’entreprise suite à une indisponibilité des services informatiques. Avoir un plan de secours permet de limiter les risques et l’impact d’une indisponibilité de service. Il concerne surtout la restauration de l’infrastructure et des données. Il s’inscrit dans une démarche de PRA (Plan de Retour à l’activité ou Plan de reprise d’Activité).
Pour qu’il soit applicable en cas de sinistre, le plan de secours informatique doit être régulièrement testé et mis à jour, au plus près de l’évolution de l’entreprise, concernant par exemple le développement d’une nouvelle activité ou l’évolution de son infrastructure informatique.
Il doit notamment définir les priorités de reprise, les ressources nécessaires et les délais max acceptables pour rétablir les services critiques (RTO).
Plan de Continuité d’Activité
Le PCA ou Plan de Continuité d’Activité couvre un domaine plus large que le PSI.
En effet, outre les aspects techniques, il prend également en charge les aspects organisationnels, de ressources humaines et de responsabilités.
Il propose par exemple une solution de repli utilisateurs (locaux de secours en cas de sinistre affectant les locaux principaux) ou l’organisation de la gestion de la crise et de la communication.
Le PCA permet à l’entreprise de maintenir ses activités essentielles pendant un incident, même si elle doit fonctionner temporairement avec des moyens réduits. Le PRA définit les actions nécessaires pour rétablir les services et les ressources informatiques, afin de revenir progressivement à un fonctionnement normal.
Formation du personnel
Se protéger contre les interruptions de service passe aussi par la formation des équipes.
Une erreur de manipulation, une mauvaise configuration ou une intervention mal maîtrisée peut provoquer une interruption, même en l’absence de cyberattaque. Former les collaborateurs, en particulier ceux qui administrent le système d’information, permet de réduire ces risques.
La formation doit notamment porter sur les procédures d’intervention, la gestion des changements et les consignes à suivre en cas d’incident.
Coordonner les prestataires informatiques
Enfin, pour limiter les conséquences d’une panne ou d’une indisponibilité, il est important de bien coordonner les prestataires qui interviennent sur le système d’information.
En effet, lorsqu’une entreprise fait appel à plusieurs prestataires pour son hébergement, son réseau, ses applications ou son infrastructure… l’identification de l’origine d’un incident et la coordination des interventions peuvent devenir plus complexes.
Faire appel à plusieurs prestataires sans définir clairement leurs responsabilités peut ralentir la mise en place de mesures correctives en cas d’incident. À l’inverse, confier la coordination à un interlocuteur unique, ou formaliser précisément les responsabilités de chaque intervenant, permet de faciliter la gestion des incidents et de réduire les délais de rétablissement.
L’essentiel est de disposer de procédures d’escalade claires, d’engagements de service adaptés et d’une organisation capable de mobiliser rapidement les bons intervenants.
Chez Déessi, la mise en place de la résilience de votre système d’information permet à votre structure de limiter les interruptions de service et de mieux faire face aux pannes et aux incidents informatiques. Nous vous accompagnons dans la protection et la sauvegarde de vos données, la préparation de leur restauration et la définition des procédures de continuité et de reprise d’activité. La résilience informatique fait partie de notre ADN avec plus de 25 ans d’expérience, et nous serons heureux de vous accompagner sur ces problématiques.
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