
Mise à jour : 30/09/2026
Depuis l’avènement de l’informatique, et en particulier, depuis l’avènement du web, les échanges de données se sont démultipliés.
Le volume mondial de données créées, capturées, copiées et consommées a ainsi changé d’échelle : estimé à environ 2 zettaoctets en 2010, il atteignait plus de 180 zettaoctets en 2025. En quinze ans, ce volume annuel a ainsi été multiplié par près de 90.
Ces chiffres sont impressionnants, pourtant, cette multitude de données que nous brassons aujourd’hui nous étonne de moins en moins. Toutes ne sont pas conservées, évidemment, mais celles qui le sont doivent être stockées, protégées et accessibles dans de bonnes conditions.
Généralement, les données sont conservées sur des serveurs. Pour des volumes de données importants, notamment dans les entreprises ou les universités, ces serveurs sont regroupés dans des centres de données ou datacenters. Ces infrastructures représentent des enjeux considérables pour le stockage et la disponibilité des données, leur sécurité, mais aussi pour les coûts et la consommation énergétique associés.
Aujourd’hui, le choix d’un datacenter en France ne relève plus uniquement de considérations techniques, mais engage des enjeux de sécurité, de conformité et de souveraineté.
Nous allons aborder dans cet article la problématique des datacenters français, leurs implantations, leur fonctionnement, leurs enjeux et les défis à relever pour l’avenir.
Un datacenter, qu’est-ce que c’est ?
Un datacenter, c’est donc un ensemble de serveurs, destinés à gérer des données et des applications, installés dans des baies informatiques, également appelées racks.
Parce qu’ils sont réunis dans un même bâtiment, ces serveurs disposent d’un certain nombre d’équipements dédiés à leur bon fonctionnement, en premier lieu des systèmes de refroidissement qui permettent d’éviter la surchauffe des machines, mais également des mécanismes de redondance des équipements, afin de prévenir les interruptions de service en cas de défaillance.
De plus, ces serveurs bénéficient de mesures de sécurité poussées, qu’il s’agisse de sécurité contre les malveillances, contre les pannes matérielles, les incendies ou encore les catastrophes naturelles.
Enfin, le datacenter bénéficie d’équipes techniques chargées de l’entretien, de la maintenance et de la surveillance de ses infrastructures.
Un datacenter constitue aujourd’hui un élément central du système d’information, sur lequel reposent la disponibilité et la sécurité des données de l’entreprise.
Les datacenters en France : localisation et écosystème
La France dispose d’un réseau important de datacenters, principalement concentré en Île-de-France. D’autres pôles se sont également développés autour de Marseille et dans plusieurs grandes métropoles, comme Lyon.
Cette répartition s’explique par plusieurs facteurs : la qualité de la connectivité réseau, la présence de grands hubs Internet, l’accès à l’énergie, la proximité des entreprises et des principaux centres économiques, ainsi que la disponibilité des terrains nécessaires au développement de nouvelles infrastructures.
On distingue plusieurs types d’acteurs sur le marché des datacenters en France :
- les hyperscalers et grands fournisseurs de cloud (AWS, Google Cloud, Microsoft Azure)
- les opérateurs français et européens
- les opérateurs de datacenters et fournisseurs d’hébergement proposant différents niveaux de service, notamment en matière de sécurité, de disponibilité ou d’hébergement de données sensibles
Le marché continue de se développer, porté par la croissance des usages numériques, le développement du cloud et de l’intelligence artificielle, ainsi que par les enjeux de souveraineté des données. Cette croissance soulève toutefois plusieurs questions, notamment concernant la consommation d’énergie, l’accès à l’électricité et l’impact environnemental des infrastructures.
Pourquoi choisir un datacenter en France
Au niveau mondial, la France bénéficie aujourd’hui d’une attractivité croissante pour l’implantation de datacenters. La disponibilité d’une électricité largement décarbonée, la qualité de ses infrastructures numériques et sa position au sein du marché européen constituent notamment des atouts pour accueillir de nouvelles capacités.
Cette dynamique se traduit par plusieurs investissements majeurs. Des acteurs comme Data4, Digital Realty ou encore SoftBank ont ainsi annoncé ces dernières années de nouveaux projets de datacenters en France, notamment en Île-de-France, à Marseille et dans les Hauts-de-France. Début 2026, l’État avait par ailleurs identifié 63 sites susceptibles d’accueillir de nouveaux centres de données sur le territoire.
Cette tendance s’est encore renforcée avec le développement du cloud et de l’intelligence artificielle, qui nécessitent des capacités de calcul et de stockage toujours plus importantes.
Dans le même temps, les entreprises et les organismes publics français accordent une attention croissante à la localisation de leurs données. Les exigences liées à la protection des données, à la conformité et à la souveraineté numérique renforcent l’intérêt pour des solutions d’hébergement situées en France ou en Europe.
Zoom sur Equinix : l’exemple d’un grand campus de datacenters en France
Parmi les acteurs implantés en France, Equinix dispose de plusieurs datacenters en région parisienne, notamment à Saint-Denis. Son campus parisien constitue aujourd’hui l’un des principaux pôles d’interconnexion de l’entreprise en France.
Ces infrastructures permettent aux entreprises d’héberger leurs équipements dans des environnements disposant de systèmes redondants d’alimentation électrique et de refroidissement, mais également de les interconnecter avec d’autres infrastructures, partenaires et services cloud.
Cet exemple illustre l’évolution du rôle des datacenters. Ils ne constituent plus seulement des bâtiments destinés à héberger des serveurs : ils s’intègrent désormais dans des écosystèmes permettant de relier différentes infrastructures, des environnements cloud et des réseaux de télécommunications.
Géolocalisation et hébergement : le point sur la réglementation
En matière d’hébergement, on ne peut pas faire n’importe quoi.
Les transferts de données nécessitent un encadrement juridique. C’est particulièrement important lorsque des données personnelles peuvent être transférées ou accessibles depuis un pays situé hors de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (EEE).
Le RGPD n’interdit pas ces transferts, mais il exige qu’ils soient encadrés et que les données continuent de bénéficier d’un niveau de protection approprié. Selon le pays concerné et le prestataire, le transfert peut notamment s’appuyer sur :
- une décision d’adéquation de la Commission européenne ;
- les clauses contractuelles types adoptées par la Commission européenne ;
- ou d’autres mécanismes prévus par le RGPD dans certaines situations.
Dans la plupart des situations courantes, l’entreprise n’a pas besoin d’obtenir une autorisation préalable de la CNIL. Elle doit toutefois être en mesure d’identifier les transferts concernés et de vérifier qu’ils sont correctement encadrés.
Le lieu de stockage ne suffit pas à lui seul à déterminer le niveau de protection des données. Il faut également prendre en compte le prestataire qui exploite le service, ses éventuels sous-traitants, les pays depuis lesquels les données peuvent être accessibles et les garanties prévues par les contrats.
Selon le secteur d’activité, des exigences supplémentaires peuvent s’appliquer. Dans les secteurs bancaire et financier, le règlement DORA renforce notamment les obligations liées à la gestion des risques associés aux prestataires informatiques. Pour les données de santé, la réglementation peut imposer le recours à un hébergeur certifié HDS.
Ces règles peuvent conduire certaines organisations à privilégier un hébergement situé en France ou en Europe. Elles n’imposent toutefois pas systématiquement une localisation géographique précise. Le niveau de protection dépend aussi de la nature des données, du cadre juridique applicable, des mesures de sécurité et des conditions d’accès mises en place par le prestataire.
Comment choisir un datacenter en France ?
Il existe aujourd’hui de nombreux critères à prendre en compte dans le choix d’un datacenter.
Au-delà de sa localisation, plusieurs questions permettent d’évaluer si l’infrastructure et les services proposés correspondent réellement aux besoins de l’entreprise.
Où sont réellement hébergées et sauvegardées vos données ?
La transparence du prestataire sur la localisation des données constitue un premier critère.
Il est important de connaître l’emplacement du datacenter principal, mais également de savoir où sont conservées les sauvegardes, si les données sont répliquées sur un autre site et quels prestataires ou sous-traitants peuvent intervenir.
Ces informations permettent notamment d’évaluer les conséquences d’un incident affectant un site et de mieux maîtriser les éventuels transferts ou accès aux données.
Quel niveau de disponibilité est garanti ?
Les engagements de disponibilité (SLA) constituent également un élément important dans le choix d’un hébergement.
Ils doivent être mis en regard des dispositifs réellement prévus pour assurer la continuité du service : redondance des équipements et des connexions réseau, alimentation électrique sécurisée, réplication sur plusieurs infrastructures ou encore procédures de reprise après incident.
Là encore, le niveau de disponibilité nécessaire dépend directement de la criticité des services hébergés.
Comment vos données et vos infrastructures sont-elles protégées ?
Les garanties de sécurité doivent également être examinées : contrôle des accès, supervision, protection physique des infrastructures, chiffrement lorsqu’il est pertinent ou encore dispositifs de détection et de gestion des incidents.
Certaines certifications peuvent apporter des garanties supplémentaires ou répondre à des exigences particulières, comme ISO 27001 ou la certification HDS pour l’hébergement de données de santé lorsqu’elle est requise.
Que se passe-t-il en cas d’incident ?
La capacité à assurer la continuité d’activité constitue un autre critère déterminant.
Mais disposer de sauvegardes ne suffit pas : encore faut-il être capable de restaurer les données et de remettre les services en fonctionnement dans des délais compatibles avec les besoins de l’entreprise.
Il est donc important de vérifier les procédures prévues en cas d’incident (redondance, PCA, PRA), les délais de restauration attendus et la manière dont ces procédures sont testées.
Pouvez-vous facilement changer de prestataire ?
La réversibilité est un critère parfois sous-estimé au moment de choisir un hébergeur. Pourtant, l’entreprise doit pouvoir anticiper ce qui se passerait si elle souhaitait changer de prestataire ou faire évoluer son architecture.
Dans quelles conditions pouvez-vous récupérer vos données ? Dans quels formats et dans quels délais ? Quels seront les coûts associés à leur transfert ? Le prestataire accompagne-t-il la migration ?
Ces éléments doivent idéalement être prévus dès le début de la relation contractuelle.
Votre prestataire pourra-t-il vous accompagner dans la durée ?
La stabilité financière et la capacité d’investissement du prestataire peuvent également être prises en compte.
Un hébergement s’inscrit généralement dans la durée. Il est donc important de s’intéresser à la capacité du prestataire à maintenir ses infrastructures, à faire évoluer ses services et à mobiliser les compétences nécessaires lorsque les besoins de l’entreprise évoluent.
Ces critères doivent être évalués en fonction des besoins spécifiques de l’entreprise, de la criticité des données et des contraintes réglementaires.
Datacenters et consommation énergétique : un enjeu croissant
Le développement des datacenters pose enfin la question de leur consommation énergétique. Les besoins liés au cloud, à la croissance des volumes de données et désormais à l’intelligence artificielle nécessitent des capacités informatiques et électriques toujours plus importantes.
La performance énergétique des infrastructures, les systèmes de refroidissement utilisés, l’origine de l’électricité ou encore la valorisation de la chaleur produite deviennent ainsi des sujets importants dans le développement de nouveaux datacenters.
Pour les entreprises, ces considérations peuvent également entrer dans les critères de sélection d’un prestataire, notamment lorsqu’elles poursuivent leurs propres objectifs de réduction de leur empreinte environnementale.
Choisir un datacenter en France : une décision à replacer dans une stratégie globale
Les datacenters jouent aujourd’hui un rôle central dans la gestion des systèmes d’information.
Le choix d’un datacenter en France ne doit pas être guidé uniquement par des critères techniques ou économiques, mais intégrer des enjeux plus larges de sécurité, de conformité et de souveraineté.
La localisation constitue donc un critère important, mais elle ne suffit pas à elle seule. Disponibilité, sécurité, sauvegarde, capacité de restauration, réversibilité, cadre juridique et qualité de l’accompagnement doivent être analysés en fonction de la criticité des données et des applications concernées.
Dans un contexte de complexification des environnements IT, une approche structurée et pilotée est indispensable pour garantir la fiabilité et la pérennité des infrastructures.
L’accompagnement Déessi
Chez Déessi, nous accompagnons les entreprises dans la définition et l’exploitation de leurs infrastructures d’hébergement, en tenant compte de leurs besoins de disponibilité, de sécurité, de performance et de conformité.
L’objectif n’est pas de privilégier une architecture par principe, mais de déterminer le niveau d’hébergement et de service réellement adapté à chaque environnement et à sa criticité.
➔ Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre rubrique Cloud et Services Hébergés.


